Voix de femmes : Frida Kahlo

Je n’ai connu l’histoire de Frida qu’il y a relativement peu de temps, je crois que c’était il y a quelques années, où j’avais du croiser son nom sur un article de Madmoizelle.com, mais je l’avais oubliée,et ce n’est qu’en croisant une personne avec son portrait tatoué sur le bras, que je me suis dit qu’il fallait tout de même que j’écrive un petit quelque chose.

Au premier abord, elle représentait pour moi, une femme courageuse car elle osait porter un mono-sourcil, chose qui n’a jamais été facile à porter.Et de manière purement physique,je la trouvais très belle.

Puis je me suis décidée à regarder le film Frida, film américain sorti en 2002, adapté du livre que lui a consacrée Hayden Harrera.

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Pour parler un peu du film, je l’ai trouvé globalement bien, suivant assez bien l’histoire de l’artiste, et j’ai adorée les montages où les personnages des tableaux de Frida « sortent » de leur cadre, et se fondent dans la réalité, les tableaux de l’artiste sont bien utilisés et donnent une touche surréaliste, onirique à l’ensemble.

Toutefois, je trouve que le fait qu’elle fut bisexuelle est bien trop mis de coté : en effet dans tout ce que j’ai pu lire, on dit que sa relation avec Diego Riviera fut compliquée, car non seulement IL l’a trompée mais ELLE le trompait aussi,et avec des femmes, et cela tout au long de leur relation, alors que dans le film, sa bisexualité est sous entendue par une scène de tango lascive, et une nuit avec une chanteuse noire à Paris, mais pour moi c’est vraiment minimisé la chose.

Enfin, il a tout de même été un bon outil pour comprendre les grandes lignes de la chronologie de sa vie, même si des oublis ont été commis.

Pour entrer un peu dans les détails de son histoire,elle a eu une vie somme toute assez  brève. Elle naît en 1907 à Mexico et y meurt en 1954. Dans le même quartier, Coyoacan, la même maison, dénommée « la Maison bleue ». Elle peint ses origines en 1936, la branche maternelle, mexicaine, avec son grand père, photographe, sa mère, peintre surréaliste, pour Frida, la terre. Et la branche paternelle, allemande, avec son grand-père, bijoutier, et son père, Carl, émigré au Mexique à l’âge de 19 ans, et devenu Guillermo, pour Frida, l’océan.

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Son enfance est assez heureuse, puisque ses parents sont ouverts aux arts.Mais malheureusement ce bonheur sera de courte durée,quand on diagnostique à la jeune Frida  âgée de 10 ans la poliomyélite. Jambe droite atrophiée, pied droit qui ne grandira plus, elle devient à l’école « Frida la boiteuse ». Et nouvelle catastrophe six ans après, en 1925, un bus rentre dans un tramway, plusieurs morts , Frida Kahlo s’en tire, mais cassée de partout, au pied, le droit cette fois, à la jambe, onze fractures, et les côtes, et la colonne vertébrale atteinte.

Mais malgré ce terrible accident, elle ne manque pas de détermination et de courage, puisqu’elle décide de dominer son corps alors qu’elle a tout juste seize ans. Le dominer en le peignant.On installe un miroir au dessus de son lit à baldaquin,et elle peut regarder son ciel, le reflet de son visage, et elle commencera une longue série d’autoportraits, et y arbore une moustache, par provocation, par non conformisme, par féminisme.

L’invalide traversée de clous ne courbera jamais l’échine. La femme abîmée sera belle, et femme. Le corps détruit s’enivrera dans l’amour. Elle deviendra communiste en 1928. Le Mexique est machiste, comme tous les pays du monde, et les latinos encore plus. Elle est donc féministe. Les femmes sont vouées aux tâches domestiques, elle s’adonne donc aux activités artistiques.

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Elle rencontre le Picasso mexicain , Diego Rivera , qu’elle vénérait et dont elle voulait un enfant avant même de l’avoir vu. Il a vingt ans de plus qu’elle.D’abord amis,ils décident d’entamer une relation, après s’être promis de rester amis pour la vie, puis se marient en 1929. Il la trompe, comme tant d’hommes. Elle le trompera. Ils divorcent, se remarient. Ils se quittent parfois mais ne se séparent jamais. Et avancent ensemble dans la vie. A San Francisco. A Mexico. A Mexico, définitivement.

En plus de son lourd handicap, on lui refuse le droit d’avoir un enfant puisqu’elle a le bassin fracassé.Mais une fois de plus, elle ne renonce pas : en 1930, elle subit sa première fausse couche.Après son accident, les médecins lui avaient dit qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant car son bassin était fracturé à trois endroits, ne permettant pas à un fœtus de se développer correctement. Lors de son séjour aux Etats Unis, lorsque le couple est à Détroit, elle est de nouveau enceinte,et elle voit un médecin au Henry Ford Hospital qu’il lui conseille de garder l’enfant, lui assurant qu’elle pourrait accoucher par césarienne/Malheureusement, elle perd l’enfant le 4 juillet 1932

Elle peindra deux tableaux liés à ces fausses couches, qui reflètent ses sentiments, son impression de solitude et d’abandon après la perte de l’enfant dans le tableau Henry Ford Hospital ou Le Lit volant, dans lequel elle peint un fœtus masculin surdimensionné en position embryonnaire, l’enfant perdu lors de la fausse couche, le « petit Diego » qu’elle avait tant espéré porter jusqu’à terme.

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Et encore elle rebondit. Critique les Etats Unis, les gringos. Accueille des intellectuels, des politiques, le grand poète surréaliste André Breton, qu’elle fascine. Frida lui dit qu’elle n’est pas surréaliste, mais ne peint que la réalité. Il répond Frida est un bombe avec un ruban autour.

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En 1937, le révolutionnaire Trotsky, qui a du fuir le stalinisme reçoit l’asile politique au Mexique. Frida l’installe à côté de la Maison bleue. Et, puisque Diego la trompe toujours, Frida fait de Léon Trotsky son amant. Exposant à New York, elle a une liaison avec le photographe Nickolas Murray.

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En 1939, Frida se rend à Paris, à la grande exposition sur le Mexique organisée par le gouvernement Cardenas à la galerie Renou et Pierre Colle. Elle loge chez André Breton et rencontre les peintres Yves Tanguy, Picasso et Vassili Kandisky

Elle n’aime pas Paris, qu’elle trouve sale, et la nourriture ne lui convient pas . L’exposition lui déplaît : son avis est « qu’elle est envahie par cette bande de fils de putes lunatiques que sont les surréalistes », elle trouve superflue « toute cette saloperie » exposée autour du Mexique. Par-dessus le marché, l’associé de Pierre Colle refuse d’exposer les œuvres de Frida dans sa galerie, choqué par la crudité des tableaux

Dans une lettre à Nickolas Murray, elle fait part de son profond dégoût pour les intellectuels parisiens :

« Ils ont tellement de foutus intellectuels pourris que je ne peux plus les supporter. Ils sont vraiment trop pour moi. J’aimerais mieux m’asseoir par terre dans le marché de Toluca pour vendre des tortillas que d’avoir quoi que ce soit à voir avec ces connards artistiques de Paris… Je n’ai jamais vu Diego ni toi perdre leur temps à ces bavardages stupides et ces discussions intellectuelles. C’est pour ça que vous êtes de vrais hommes et non des artistes minables — Bon sang ! ça valait la peine de venir jusqu’ici juste pour comprendre pourquoi l’Europe est en train de pourrir, pourquoi tous ces incapables sont la cause de tous les Hitler et les Mussolini »

En décembre 1938, Frida et Diego divorcent. Elle ressent de grandes douleurs dans la colonne vertébrale et contracte une mycose aiguë à la main droite. En septembre 1940, elle se rend à San Francisco pour être soignée par le docteur Eloesser. Pour le remercier de ses soins, elle peint pour lui Autoportrait dédié au Dr Eloesser. Le tableau porte en dédicace :

En 1940, revenue déçue de l’Europe sombrant dans le fascisme, elle s’installe définitivement dans la Maison bleue avec Diego. Ils se sont remariés le 8 décembre 1940 ( jour de l’anniversaire de Diego)

Elle commence son journal en 1942, où elle commente son enfance,sa jeunesse et sa vie. Elle est élue membre du Seminario de Cultura Mexicana la même année, organisation crée pour organiser des expositions,des conférences, et de publier des ouvrages pour promouvoir la culture mexicaine.

En 1943, Frida dirige une classe de peinture à l’académie des Beaux-Arts, mais elle enseigne chez elle du fait de sa mauvaise santé, en effet elle ne peut plus marcher correctement du fait de douleurs permanentes dans le pied droit et le dos.Elle est obligée de porter un corset de fer.

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En 1946, on l’opère une énième fois du dos, et elle garde deux immenses cicatrices au bas du dos.

À la fin des années 1940, l’état de santé de Frida Kahlo s’aggrave et, en 1950, elle doit rentrer à l’hôpital ABC de Mexico. Elle y reste neuf mois. Sa nouvelle opération de la colonne vertébrale se complique d’une inflammation qui l’oblige à une troisième opération. Ce n’est qu’au bout de la sixième intervention (sur un total de sept) qu’elle peut se remettre à peindre, tout en restant couchée. Au printemps 1953, la photographe Lola Álvarez Bravo organise la première exposition monographique de Frida Kahlo au Mexique. Son médecin lui interdisant de se lever, c’est sur son lit d’hôpital qu’elle est transportée jusqu’à la galerie pour participer au vernissage.

En 1954, elle peint l’un de ses derniers tableaux : Autorretrato con Stalin (Autoportrait avec Staline)

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Corsetée, réopérée sept fois, amputée, elle peint couchée sur le dos, avant d’être emportée par une pneumonie en 1954. Sur son dernier tableau, elle a écrit : Viva la vida

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Au delà de son histoire,j’apprécie énormément les œuvres de cette femme, et puis le fait que pour moi c’est un véritable exemple de femme artiste forte et indépendante,parce que malgré que la vie n’ait pas été généreuse avec elle, la forçant à souffrir à chaque instant de sa vie,c’était une véritable battante, qui ne se laissait jamais décourager,voulant toujours peindre.Lire sur son histoire m’a appris que peu importe les épreuves qu’on traverse,il est inutile de baisser les bras,et il faut se donner les moyens de réaliser ses rêves.Même en étant une femme, elle était respectée par tous les artistes de l’époque, et osait des choses qu’aucune femme n’avait osé avant elle.De plus, elle avait la capacité et le talent nécessaire pour mettre en image, représenter des choses sur des tableaux.

 

 

 

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