Mon rapport à la nourriture

Il y a quelques jours, je ne me souviens pas bien pourquoi, sans doute en regardant les bleus, les marques et les vergetures diverses qui couvrent mon corps, je me suis rappelée combien je ne m’aimais pas étant ado, et je me suis mise à être fière du chemin que j’avais déjà parcourue vers l’acceptation de moi même.

Et puis comme ce blog est aussi un endroit où je m’autorise à parler de tout, j’avais envie de monologuer un peu sur mon rapport à mon corps et à la nourriture

 

 

Depuis gamine, j’ai toujours été plus ou moins ronde.Pas vraiment grosse, mais toujours avec un peu de ventre, et des hanches pleines, une fois la puberté arrivée.J’ai toujours aimée manger et même petite j’étais complexée par mon poids : je me souviens notamment que dans mes journaux intimes de l’époque, je me faisais des listes de conseils pour perdre du poids ainsi que des relevés de poids toutes les semaines.

En prenant du recul, je me demande bien qu’est ce qui a pu faire que je sois si obsédée par mon poids à l’époque de l’école primaire.Sans doute, le fait que les Barbie avec lesquelles je jouais et dont je regardais les dessins animés étaient maigres à l’extrême, et j’en prenais exemple…

Je me suis trouvée trop ronde très longtemps, du début de la primaire jusqu’à il y a quelques temps,en plus chez moi j’ai la chance d’avoir un frigo et des placards toujours remplis de bouffe, et c’est au collège que j’ai pris l’habitude de grignoter un peu n’importe quoi dans ma chambre, que ce soit du chocolat, des biscuits, de la charcuterie, du fromage, des glaces,…C’est comme ça qu’au lycée j’ai pesée plus de 65 kg pour 1m60…

En 4ième j’ai commencée à mettre beaucoup plus de décolletés, parce que voyant que j’étais trop ronde pour plaire aux mecs avec l’entièreté de mon corps, j’essayais de les appâter avec ma poitrine généreuse….C’est à cette époque que j’avais postée des photos de moi dénudés sur Facebook, et que j’étais devenue la risée de tout mon collège…

J’ai eu le droit aux pires réflexions : « salope », « traînée », « pute », ce qui m’avait horriblement blessée.

Au lycée toute fois je me suis calmée et ai voulu repartir du bon pied, j’avais commencée à développer davantage un look alternatif, qui selon les périodes variaient de « Kandy kid », à emo, goth,metalleuse,…Je cachais souvent mon corps sous des amples vêtements pour qu’on ne voit pas mes formes

J’essayais de trouver ma place, j’étais assez heureuse, j’avais des amies, j’étais heureuse en amour…Alors j’essayais de temps en temps de m’habiller comme je voulais, avec des vêtements proches du corps, quelques fois déchirés ou courts, et j’avais le droit à des réflexions désobligeantes de ma mère et de mes sœurs,qui faisaient écho à celles que j’avais pu subir étant plus jeune, même si elles souhaitaient juste me protéger du tas de connards qui habitent la région grenobloise et qui pensent qu’avec leurs teubs.

J’essayais de trouver l’acceptation et l’amour de moi même dans le regard des yeux, tout en prétendant que rien ne m’atteignait, ce qui jusqu’il y a pas longtemps était complètement faux… Au lycée, j’essayais de plaire et d’attirer l’attention tout en prétendant n’en avoir rien à foutre de ce qu’on pouvait penser de moi… Ce qui est franchement paradoxal…

 

Aussi,au lycée, j’ai été confrontée avec les troubles alimentaires puisque deux de mes amies en étaient atteintes…Pour celle qui allait en cours avec moi, je ne m’en suis rendue compte que beaucoup plus tard, et je n’avais aucun souci à la soutenir lorsqu’elle était menacée d’exclusion de la cantine parce qu’elle ne mangeait pas, elle semblait heureuse et en parfaite santé donc pourquoi s’opposer au fait qu’elle se sustente mal provisoirement ?

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Sauf que ce n’était pas provisoire du tout, et qu’elle a été hospitalisée deux fois…

De toutes façons, j’ai toujours eu un rapport complexe avec ce genre de troubles : au collège, j’avais lu Lettres à l’absente de PPDA et Zouck de Pierre Bottero,et ce sujet m’intéressait de près, je détestais cette maladie,et je les enviais un peu, il faut bien l’avouer, parce qu’elles avaient «le courage » de se faire vomir, alors que moi je n’ai jamais eu ce courage.

Le collège a été une époque difficile pour moi, où j’avais sans cesse un vague à l’âme, qui me faisait voir en noir, j’étais très souvent déprimée sans vraiment savoir pourquoi : tare que je conserve encore dans une moindre mesure. J’enviais mon frère qui arrivait à s’auto mutiler parfois parce que rien que d’imaginer une lame de rasoir frôler ma peau manquait de me faire tourner de l’œil, alors que j’avais parfois viscéralement envie de me faire du mal…

Je détestais ma graisse et ces vergetures qui strient encore aujourd’hui l’intérieur de mes cuisses, et mes hanches.

Parenthèse creepy passée, aujourd’hui  je vais mieux, et j’ai plus aucune envie d’avoir de comportement auto destructeur rassurez vous

Mon rapport à la nourriture a toujours été complexe, même si il n’en paraissait rien : je peux parfois passer des jours en avalant qu’un repas par jour, les jours de disette, ou je ne mange pas à la fac et me contente d’un dîner, j’arrivais à faire en sorte de ne plus ressentir la faim, et parfois je mangeais n’importe quoi, n’importe quand et devenait adepte des fast foods.

Aujourd’hui, j’essaie de prendre de meilleurs habitudes alimentaires : faire plus attention à ce que je mange,et trouver un équilibre entre le rien et le trop, me remettre au sport, et continuer le travail sur moi même pour accepter ce corps que j’ai du mal à dire qu’il est beau,et apprendre à m’aimer.

J’essaie d’être plus en paix avec moi même, en modifiant mon corps, pour ressembler à celle que je suis au fond de moi .Il n’y a pas à dire, mon premier tatouage par exemple m’a fait gagné grandement en confiance en moi, et le fait d’adopter un look qui me plaît, en faisant fit de l’avis des autres m’aide aussi

Ça peut paraître superficiel,mais au final je m’en fous.Aujourd’hui j’apprends à vraiment me foutre de l’avis des autres, et bordel de merde qu’est ce que c’est libérateur

Je m’écoute beaucoup plus et j’apprends à dire « non », et j’arrive à assumer ce que je pense ou dis.

J’essaie aussi d’apprendre à ne plus avoir la nausée en me croisant dans un miroir, même si j’ai toujours du mal à regarder mon reflet lorsque ce n’est pas intentionnel.Mais, il arrive certains jours que je trouve belle celle qui apparaît dans le miroir. Je suis encore loin de m’aimer mais cela s’améliore de jour en jour.

J’avoue que l’amour n’y ait pas pour rien:être en couple avec un homme que vous considérez comme le plus beau du monde me remplit de fierté, et qu’en plus il me répète toute la journée qu’il me trouve belle, ça ne peut qu’aider.

A coté de ça, j’ai un rapport à la nudité un peu bizarre : j’ai énormément de mal à me dévetir devant quelqu’un, quand c’est la premièere fois que je couche avec, je déteste sentir son regard sur moi, parce que je redoute qu’on me trouve aussi laide que je me trouve laide, mais cette hantise disparait bien vite, quuand d’un regard bienveillant on me fait comprendre que je ne devrais pas avoir honte, ni de mon corps, ni de ma nudité. Je ne me définirais pas non plus comme prude, parce qu’une fois que la confiance s’installe, je n’ai plus de problèmes à me balader en petite tenue toute la journée, et il m’arrive de me désapper  sans en rougir, comme quand je vais aux marches des fiertés par exemple, parce que je sais que l’occasion s’y prête, et que le risque d’aggression est moindre.

J’aime beaucoup le fait que les FEMEN utilise leur corps, e leur nudité pour combattre les sociétés phallocratiques,parce que c’est une bonne chose de rappeler que le corps peut être une arme très puissante, à l’heure où il devient de plus en plus un bien de consommation, et un moyen de vendre tout et n’importe quoi

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Je voulais aussi écrire un mot sur la grossophobie.Je vais commencer par définit ce que c’est car personnellement je ne connaissais pas ce concept il y a encore très peu de temps : la grossophobie est donc « fait de faire de la discrimination, d’avoir de la haine envers les personnes gros-se-s. La grossophobie entraine insultes, aggressions et aussi drames sociaux (pas d’emploi, pas de toit, et tres souvent diagnostics médicaus erronés car tout est ramené au poid) «  ( définition trouvé sur la page Facebook de Baudit Maudit). Je n’en ai jamais été victime a proprement parlé mais je l’ai pratiqué,et je profite de cette fenetre pour essayer de faire comprendre que la discrimination envers les personnes en surpoids est bien réelle, et n’a aucun motif excusable, pas plus que toutes les autres.

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J’ai mis beaucoup de temps avant de comprendre que rire de quelqu’un parce qu’il a du mal à marcher du fait de son obésité, ou du fait que certaines personnes en surpoids portent des vetements aussi moulants que des personnes avec un IMC plus sain, et que non ils ne ressemblement pas à des baleines en maillots de bains ou que sais je encore….

Ca me met mal d’autant plus parce que j’ai souffert moins meme d’un léger surpoids, et donc je suis encore moins bien placée que les autres pour discriminer.

Voilà, je ne veux pas pourrir ce billet de morale, mais j’estimais cela important de tirer cela au clair.

Le chemin vers l’amour de moi même va être encore long, mais je sais que j’ai tous les moyens nécessaires pour être comme ces gens bien dans leurs baskets, extravertis, et plus cette débile timide, incapable d’aligner plus de trois mots sans ba

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