Sidilarsen

Après un certain temps d’absence, me revoilà!

Voici donc la première interview publiée sur le nouveau blog…Et quelle merveilleuse entrée en matière que de publier un de mes groupes francophones préférés…

Pour la petite histoire, je connais leur musique depuis des années, et ai eu l’occasion de les voir en live, dans ma ville pour l’inauguration d’un skatepark.Je me rappelle encore de leur énergie sur scène, et même si je n’avais pas pu rester jusqu’à la fin, ça m’a laissé plein de beaux souvenirs…Et puis, il y a quelques temps, j’y suis allée à l’audace, et ait demandé au chanteur si une interview serait possible, et il m’a mis en relation avec son agent,et malgré des délais assez longs, parce que nos emplois du temps respectifs n’étaient pas compatibles, David, le chanteur a fini par m’envoyer ses réponses

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Que signifie Sidilarsen ?

C’est le nom d’une toute petite ville algérienne, qui a notamment perdu son nom pendant la guerre d’Algérie et qui l’a retrouvé lors de l’indépendance. C’est surtout la sonorité du mot qui nous plaisait, ça ne s’écrit pas du tout comme ça d’ailleurs ! Et puis c’était une façon de se démarquer avec ce côté sud, ce côté métissé, et puis le mot larsen qui réfère au rock.

Comment décririez vous votre évolution musicale ?

Je pense que nous sommes passés par un tas d’influences, du metal, du rock, de l’indus, de l’electro, du break beat,….mais nous avons toujours fait du Sidilarsen, on aime à dire que nous faisons du dancefloor metal ! Notre musique a une dimension physique, elle touche au corps, au cœur et à l’esprit !

Quelles sont vos inspirations ?

Nos vies, le monde qui nous entoure, les crises sociales, et certains artistes, quelle que soit la discipline. Niveau musique, on peut citer Nine Inch Nails, Rammstein, Prodigy, Noir Désir, Prong, Les Bérus, RATM, Korn, etc….la liste est si longue….

D’où vous vient cette envie de mêler sonorités électroniques et “métal” ?

Ça date de nos débuts en 1997, on écoutait Nine Inch Nails et on s’est dit qu’enrichir notre musique avec des machines pouvait être intéressant. Par ailleurs, on a probablement été influencé inconsciemment par les rave party dans les Pyrénées, ce mouvement a déferlé chez nous sur cette période !

Pourriez vous me décrire votre parcours musical et m’indiquer pour chaque album, quel serait la chanson phare et pourquoi ?

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Un parcours évolutif, progressif, fait de persévérance et d’abnégation. Une volonté d’imposer peu à peu un son Sidi, avec un message fort, mais aussi des touches de poésie et de rêve. Sur le premier album intitulé Biotop, nous avons un titre emblématique qui résume bien notre côté « dancefloor metal », le morceau s’appelle Technotrône, probablement le plus bête que nous ayons composé, il figure sur le premier album paru en 2003 mais a été composé dès 1999 ! Il dégage vraiment une sensation spéciale, quelque chose de naïf et puissant à la fois, une rythmique redoutable et ultra simple, très dansante.

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Le second album Eau (2005) contient un titre qui marquera notre carrière, peut être un des plus populaires encore à ce jour, il s’agit du titre La morale de la fable, qui mélange une énergie punk-metal avec un groove break beat jungle et des textes ultra vénères !! C’est un titre facile à retenir et bourré d’énergie, d’où sa popularité sans doute.

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Ensuite vient le 3ème album  en 2008 intitulé Une nuit pour sept jours, son morceau phare est sans conteste le titre Retourner la France, incontournable en live aujourd’hui, du 100% Sidi ! Puis l’album Machine Rouge en 2011 avec Back to basics, un tube inévitable pour nous en live, et dont le clip a été vu plus de 250 000 fois sur le net (Youtube + Dailymotion), bien souvent le public est en accord avec nous au sujet des meilleurs titres !

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En 2014 sort l’album Chatterbox dont le titre emblématique est « Comme on vibre » (+ de 160 000 vues) mais aussi Des milliards très populaire en live avec son côté engagé et son refrain repris en cœur par le public.

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Enfin nous arrivons à l’album Dancefloor Bastards, paru cette année dont la chanson la plus emblématique est sans doute justement Dancefloor Bastards, même si on manque encore de recul, il y a d’autres morceaux forts, plus que jamais ! 

Quelles sont les étapes “habituelles” de la création d’un morceau ?

Nous travaillons souvent en atelier depuis quelques années (à deux ou trois), on amène des idées d’instru, des riffs, des mélodies, ensuite on confronte avec les textes, et rapidement certains vont bien se rencontrer. Il n’y a pas de règles absolues, on aime changer de méthode pour se renouveler. D’ailleurs pour le futur on parle de revenir à une méthode « à l’ancienne », c’est à dire, répéter à 5, ensemble au local et faire germer spontanément des idées, comme à nos débuts.

Comment s’enregistre un album ? ( combien de temps cela vous prend il, avez vous un studio de prédilection,comment s’organise l’enregistrement,…?)

Pareil, il n’y a pas de règles ! Auparavant on enregistrait avec une méthode assez classique pour un groupe de rock : d’abord la batterie, puis la basse et les grattes, puis les voix. Enfin les arrangements et les boucles electro. Mais pour « Dancefloor Bastards » on a choisi une méthode qui permettait de tour à tour enregistrer du chant, des grattes, des plans batterie…etc…dans n’importe quel ordre. On avait une config avec tout le matos câblé, prêt pour enregistrer selon nos envies et besoins. Cela évite un côté « usinage » et permet d’être plus dans la spontanéité et l’énergie que nous recherchons. En général nous avons besoin de 20 à 25 jours de prise et 15 jours de mixage et mastering. Nous avons enregistré nos 2 premiers album avec Fred Norguet, le premier au studio Pôle Nord à Blois, le second au studio « Le Chalet » à Bordeaux, le 3ème avec Guillaume André au Loko studio en Normandie, le 4ème avec Fryzzzer (bassiste du groupe) et Fred Norguet aux studios Antistatic à Toulouse et Pôle Nord à Blois, enfin les 2 derniers albums avec Plume au studio « La Quadrature du cercle » en Ariège.

Comment vous y êtes vous pris pour trouver un label ?

Persévérance, démarchage régulier, rencontres….il n’y a pas de règles !

Que pensez vous de l’état de la scène métal française en ce moment ?

C’est contrasté ! D’un côté il y a des tonnes de groupes talentueux qui essaient de tourner, produire des skeuds, la scène est vive, il y a aussi l’effet Hellfest qui est positif. D’un autre côté les mass médias ne s’intéressent pas à la scène metal en général (c’est propre à notre pays), et encore moins à la scène metal française….du coup nombre de groupes triment vraiment. La qualité est pourtant là et ça joue très bien.

Quels conseils donneriez vous à un groupe qui souhaiterait percer ?

Ne pas faire comme les autres, trouver sa voix, sa patte, son univers, tant sur le plan artistique que sur sa façon de communiquer. Il y a de beaux outils comme les réseaux sociaux qui ouvrent des portes, mais je leur conseille de les utiliser différemment des « autres ». Ne copiez pas ce qui marche, ça ne marchera pas ! Sortez de la norme !

Est ce que vous essayez de passer certains messages dans vos chansons ?

C’est pour nous une évidence, parce que le simple fait d’avoir bâti Sidilarsen pendant presque 20 ans est un acte engagé en soi. Mais jamais en donneur de leçon. Nous essayons d’ouvrir le champ (chant) des possibles, amener un regard, incarner, partager des malaises communs et certains idéaux. Nous sommes des humanistes, simples et humbles, je l’espère. Nous plaçons le public et nos aficionados à notre hauteur, nous essayons d’être le plus sincère possible dans l’écriture. Il en résulte que nos textes sont souvent engagés, mais pas que…il y a aussi une dimension introspective, poétique et esthétique.

Qu’est ce qui inspirent vos chansons plus engagées ?

L’actualité qui nous entoure, la même qui te chagrine, t’émeus, te bouleverse, ou parfois te met en joie. Mais aussi nos vies et chemins personnels.

Quel rapport entretenez vous avec vos fans ?

Comme dit auparavant, on essaie d’être au même niveau, on a un respect immense pour eux, on garde le contact, on est très présents dans les salles pour discuter avec eux après les concerts, ainsi que sur les réseaux sociaux, c’est important pour nous. On est rien sans eux, ils nous apprennent et nous donnent beaucoup.

Quel est votre meilleur souvenir de tournée ? Pourquoi ?

Je ne sais pas, il y en a tellement. Récemment la Russie nous a retourné ! Cinq dates dans cinq villes avec le groupe Severny Flot (nos hôtes), une expérience hors normes, tant sur le plan humain que musical, sociétal, touristique ! Des prises de conscience et des moments uniques indescriptibles. De surcroit, un vrai tournant je crois dans la carrière de Sidi. Vous pouvez trouver des petits reportages sur nos pages Facebook.

Accordez vous de l’importance à l’avis de vos fans, ou n’avez vous aucune retenue à proposer des choses un peu différentes au risque de perdre un peu de vos fans ?

Je dirais que nous n’avons aucune retenue, car le meilleur moyen de respecter ses aficionados c’est d’être sincère dans ce que l’on fait. Nous essayons de nous délester de toute entrave ou parasite. D’autant que nous savons très bien qu’une fois qu’une idée est digérée par l’ensemble du groupe, une fois que le filtre des cinq membres et passé par là….le jus qui en ressort est du 100% Sidilarsen. Alors aucune barrières, soyons fous, le résultat ne sera pas si fou ! Les aficionados aimeront si nous sommes sincères.

Quel message essayez vous de passer avec votre dernier opus “Dancefloor bastards” ?

Comment est il né ? ( comment vous est venue l’idée, comment avez vous écrit les textes, … )

Le titre de l’album est venu d’une envie de mettre en avant nos racines musicales, ce que nous sommes depuis bientôt 20 ans. Et bien nous somme des Dancefloor bastards ! Les salopards de la piste de danse, qui aiment le rock avec une dimension physique, une pulse qui donne envie de bouger sa tête mais aussi ses hanches, si possible en parlant aussi à nos cerveaux ! 😉 On avait envie d’un soupçon de légèreté avec ce titre. On retrouve ça également sur le morceau « Go fast » qui est du pur second degré, l’histoire d’un groupe usé par les aires d’autoroutes, les triangles et les km de macadam, et qui se prend à rêver de téléportation rapide avec des moteurs V8 sous le capot ! Pour le reste je pense que c’est un album assez engagé (comme souvent chez Sidi), profond, et surtout assez sombre, car très marqué par les attentats, la crise des réfugiés, le tout superposé à notre avancée dans le grand âge 🙂 La quarantaine pointe ou est atteinte selon….C’est un cap qui soulève souvent de grandes questions existentielles, c’est commun à tous les humains je crois…

Pourquoi choisir parfois des titres en anglais alors que la chanson est en français ?

Tout simplement par souci esthétique, c’est au service de l’œuvre. Rien de plus. C’est subjectif, mais on soigne toujours les sonorités. Peu importe la langue, tant que le français reste majoritaire, car c’est notre langue maternelle et notre langue de cœur, celle qui nous oblige le plus à être sincères ! Nous serons toujours ouverts aux autres langues quand cela peut servir la musicalité ou le discours. Nous avons déjà intégré de l’occitan sur un titre en 2005 en invitant les Fabulous Trobadors (La Parole), de l’arabe en 2011 en invitant Soufiane Djaffer sur la chanson « Densité », de l’anglais plusieurs fois….pourquoi pas de l’espagnol par la suite…ou du russe ! 

Vous commencez à avoir une certaine renommée dans le paysage musical francophone, comment appréhendez vous cette popularité ?

Rien ne change, nous restons nous mêmes, si ce n’est que nous évoluons en tant que citoyens et êtres humains comme tout le monde ! Notre parcours a connu une évolution lente et constante en parfaite adéquation avec nos bio-rythmes ! Tout le monde veut aller vite aujourd’hui, ce n’est pas notre adage.

Vous considérez vous comme alternatif ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

Oui à 100%. Parce que nous avons tout bâti de nos mains, oreilles et cerveaux, n’avons jamais fait aucun compromis sur le plan artistique, et même dans notre façon de communiquer. En revanche, sans de nombreuses rencontres humaines, sans tous ces gens avec qui nous travaillons et bâtissons (tourneurs, labels, attachés de presse, régisseurs, équipes techniques live, ingés studios, photographes, graphistes, vidéastes, réalisateurs, programmateurs, assos, salles de concerts, webzines, médias indés…..), nous ne serions rien.

Avez vous des projets pour la fin de l’année 2016 et pour 2017?

Oui un très beau projet fin 2017 : réaliser un DVD live pour nos 20 ans !

Contact :

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