Jobriath

Ce matin, j’ai eu envie de vous parler de Jobriath, un musicien dont j’ai découvert l’existence en faisant des recherches sur les célébrités mortes des suites du VIH.

J’ai donc écouté sa musique, et découvert que ce fut la première rockstar ouvertement gay à signer dans une maison de disques de renom, et également une des premières stars à mourir des suites du VIH.

Il nait le 14 décembre 1946 à King of Prussia, en Pennsylvanie sous le nom de Bruce Wayne Campbell, et montre des affinités pour la musique assez tôt, en commencant ar jouer du piano, puis de l’orgue dans son église locale. Quand il était au lycée, il s’est intéressé à la musique classique, et a écrit les deux premiers mouvements de sa première symphonie, qu’il n’a jamais fini.

Après avoir obtenu son diplome en 1964, il s’intéresse à la musique folk en voyant jouer Peter, Paul and Mary. Il formera brievement un groupe de folk avec l’aide de son prof de musique, et de deux jumelles Marty et Grace, qui sera connu sous le nom de The Last Three, et ont joués au niveau local, avant que les jumelles partent à la fac.

Il a ensuite suivi un semestre à l’université de Temple, puis a du faire son service militaire, puis il change de nom pour Jobriath Salisbury, et va vivre à Los Angeles.

Après avoir accompagné l’un de ses amis au casting de Hair ( il l’accompagnait au piano), il a tellement impressionné le producteur et le réalisateur, qu’il a été casté dans le role de Woof, le personnage principal, qui est implicitement gay.

Puis au milieu du mois de décembre 1972, le manager de Carly Simon, Jerry Brandt entend une démo à Columbia Records, et la trouve géniale, il va dont rendre visite à Jobriath en Californie, qui vivait à l’époque dans un appartement sans meubles et travaillait comme escort. Brandt signe Jobriath, qui se fait appeler Jobraith Boonesur Elektra Records, pour un contrat de deux albums. Une grosse campagne a eu lieu dans Vogue, Penthouse et Rolling Stone, dans les bus de New York, et sur les panneaux d’affichage de Times Square

Malgré une promotion grandiose, l’album sort, et reçoit des critiques très positives. Rolling Stone dira que Jobriath a du talent à bruler, Cashbox dira que c’est l’un des albums les plus intéressants de l’années, et Record World, qu’il est brilliament incisif.

C’est à cette époque que Jobriath se déclare comme « la plus réelle fée du rock », ce qui aujourd’hui peut être considéré comme une confirmation qu’il a été le premier artiste rock ouvertement gay à être signé par un label d’importance.

Malgré des passages à la télévision, notamment à The Midnight Special, et des concerts à guichets fermés à New York, l’album peine à se vendre, et ne rentre pas dans les charts.

Six mois après la sortie de l’album, Creatures of the Street sort, mais sans grande fanfare ni de publicité, ce qui fait qu’il est un échec commercial. Mais l’album lui permet quand meme de faire une tournée aux Etats Unis, durant laquelle il fera plusieurs résidences, notamment à Philadelphie, Boston,Chicago, San Franciso, Memphis et Los Angeles, durant lesquelles lui et son groupe enregistreront dans des studios locaux pour un éventuel troisieme album. Meme si la tournée a été à guichets fermés sur beaucoup de dates, Brandt et Elekra records ont arretés de la financer en plein milieu. Mais meme sans argent, Jobriath et son groupe ont finis la tournée, en continuant à envoyer les factures à Elektra Records, et la tournée se finit à l’Université d’Alabama, dans une salle comble, apres 5 rappels.

En janvier 1975, Jobriath annonce qu’il se retire de l’industrie musicale, et se retire dans un appartement du Chelsea Hotel à New York. Il essaie de se lancer dans le cinéma, et a été invoté à passer l’audition pour le role de l’amant d’Al Pacino dans Dog Day Afternoon, mais n’y est finalement pas allé, parce qu’il devait porter une robe pour le rôle. Il continuera à vivoter, en se faisant appeler Cole Berlin ( en hommage à Cole Porter et Irving Berlin), et en travaillant comme chanteur cabaret dans des restaurants, des clubs et des cabarets, et en étant travailleur du sexe

Il finit par mourir le 3 août 1983, seul, dans sa chambre d’hôtel à New York.

Mais sa musique n’a cessé d’inspirer d’autres artistes, et d’être reprise par d’autres, et des disques originaux de ces chansons sont sortis dans les années 2000.

Pour ma part, vous connaissez mon amour pour les artistes aux vies hors normes, qui jouent avec les codes du genre, avec des looks fantastiques, et une musique passionnante, donc je ne peux que vous conseiller de regarder le documentaire, sorti en 2012, qui lui a été dédié, et d’écouter sa musique sur le support qu’il vous plaira.

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